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Laisser l'amour de Dieu déborder jusqu'au prochain

il y a 15 heures
3 min de lecture
Une main qui remplit d'eau un vase, le fait déborder pour irriguer des fleurs autour.
Nous sommes les vases communicants de l'amour de Dieu.

Nous nous souvenons de cette réponse de Jésus pleine de sagesse aux partisans d’Hérode qui étaient très sensibles aux questions politiques, notamment en ce qui concerne l’impôt à payer à César : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Autrement dit, vous avez certes des devoirs en tant que citoyens, mais n’oubliez pas Dieu ! N’oubliez pas de lui rendre la gloire ! Aujourd’hui à ce Pharisien doublé de docteur de la Loi, très pointilleux sur la question religieuse, en l’occurrence sur le respect des 10 commandements et des 613 préceptes issus de la doctrine juive, Jésus donne cette autre réponse tout aussi sage : il faut certes aimer Dieu de tout son cœur, mais il ne faut pas oublier d’aimer son prochain.


Quand il posait sa question, le Pharisien de l’évangile s’attendait à ce que Jésus lui indique un commandement qui allait coiffer en dignité les autres et dont l’observance donnerait plus de mérite. En guise de réponse, Jésus offre un double commandement qui en fait résume tous les commandements et même mieux toutes les prophéties. En clair, ce commandement de l’amour de Dieu et du prochain est l’arrière-fond non seulement de toute la Loi, mais encore de la prédication des prophètes. L’amour est plus qu’un devoir, un commandement, c’est une grâce une promesse de salut : je suis un fruit de l’amour de Dieu et tout ce qui m’entoure est un fruit de l’amour de Dieu. S’il m’a créé, c’est parce qu’il m’aime. S’il veut me sauver, c’est parce qu’il m’aime. Alors le « comme toi-même » du commandement de l’amour du prochain s’éclaire : « Aime-toi, aime ton semblable comme tu es toi-même aimé de Dieu. Tu es une créature faite par amour et pour l’amour. Alors vis selon ta nature et ta vocation ».


L’enseignement est le même : par notre existence nous sommes en relation avec Dieu et le prochain. C’est une relation d’amour qui a besoin d’être affinée, parfaite. Aimer Dieu et mésestimer le prochain peut être la source de la méchanceté, du manque de compassion, de l’intolérance et du radicalisme religieux. Aimer l’homme sans Dieu conduit à un humanisme athée, un humanisme sans contenu spirituel et sans racines. Dans l’humanitaire, c’est l’homme qui prend l’initiative d’aimer. Mais il n’en est ni la source ni le maître. Conséquence, son amour s’avère faible et fragile. L’humanisme sans Dieu est limité. Il met naturellement des frontières à l’amour, là où le Christ qui n’en met aucune. Or lorsqu’on prend l’initiative d’aimer, de vivre le commandement de l’amour, en vérité, on s’engage à accueillir l’amour qui vient de Dieu et, par nous, à laisser cet amour atteindre le semblable.


Dieu est l'amour que nous offensons, que nous prions, que nous célébrons, que nous louons, que nous remercions. Il est aussi l'amour par lequel nous aimons notre prochain. Nous sommes des vases communicants de l'amour de Dieu. Dans l'humanitaire, c'est l'homme qui prend d'initiative d'aimer, avec peut-être, le concours de Dieu. Dans la charité chrétienne, c'est Dieu qui prend l'initiative d'aimer avec le concours de l'homme qui s'est laissé remplir de l'amour divin au point d'en déborder. Laissons donc Dieu aimer en nous et faire déborder nos cœurs d'amour pour les autres. Ainsi, nous accomplirons tout par amour : travailler, obéir, prier, parler, faire des reproches, donner et surtout pardonner.


Aimer commence par l'accueil puis il s'épanouit dans la joie. Il s'exprime dans les paroles et se rend visible à travers les actes. A nous qui recherchons le visage de Dieu parce que nous l'aimons, les textes de ce dimanche nous rappellent que nous découvrons ce visage dans celui des autres. Que l'Esprit de Dieu nous donne la grâce de vivre dans l'amour vrai et sincère, pour la plus grande gloire de Dieu et pour le salut de l'humanité. Amen.


Ehui Philippe Koidou

Homélie prononcée le 25 octobre 2020

 

 
 
 

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